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 Le bruit du coeur

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Ellenwen
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MessageSujet: Le bruit du coeur   Sam 28 Avr - 13:39

Tout commença par une longue inspiration. L'air frais du dehors se propulsa dans sa bouche, dans son nez, descendit en torrent dans ses poumons, les gonfla. Puis, discrètement il se coula dans son sang, petites gouttes vitales.
La jeune fille sentit un frisson remonter le long de son dos, lui chatouillant la colonne vertébrale. Elle sourit et repira à nouveau profondément, tournant son regard vers le ciel bleu au dessus de sa tête. Elle resta immobile, un sourire sur les lèvres à regarder dévier de petits nuages poudreux qui s'effilochait. Elle se sentait merveilleusement bien. Le soleil la réchauffait légèrement, jouant à cache cache sur ses bras nus et sur ses longs cheveux blonds. Elle avait envie de chantonner et, étrangement les premières paroles qui lui vinrent à l'esprit furent ceux qu'une chanson de son enfance, triste et mélancolique mais très douce. Elle les fredonna à mi-voix.

-Qui peut faire de la voile sans vent
Qui peut ramer sans rames
Et qui peut quitter son ami sans verser de larmes ?
Je peux faire de la voile sans vent
Je peux ramer sans rames
Mais ne puis quitter mon ami sans verser de larmes.


Elle n'en connaissait que le premier couple et, après l'avoir chanter elle se contenta de fredonner la mélodie. Sa voix se perdit en un murmure qui finit par s'éteindre mais le sourire et la paix qu'avait provoqué cette chanson restèrent flotter autour d'elle. Elle se sentait étrangement hors de monde, comme si elle était plongée dans une bulle de silence, de calme et de rêve. Elle se balança légèrement sur sa chaise à bascule et savoura l'impression d'être bercée.

C'est ainsi que la trouva Guillaume, son ami d'enfance, son presque frère. Ils avaient été élevé ensemble depuis que celui-ci avait été recueillit, alors qu'ils avaient tous deux environ dix ans par les parents de la jeune fille. Et chacun d'eux avait grandit près de l'autre, préservant sa liberté, préservant leurs secrets mais se liant d'une formidable amitié.
Il sourit en voyant la jeune fille. Comme d'habitude elle rêvait, un sourire aux lèvres. Elle semblait plongée dans ses pensées, complètement inconsciente de ce qui l'entourait. Il songea qu'elle ne changeait pas, il aurait été près à parier que lorsqu'il poserait sa main sur son épaule elle sursauterait légèrement avant de tourner vers lui ses yeux gris et de lui offrir un sourire amicale et rieur. C'était leur langage du silence. Il secoua la tête en riant intérieurement. Il allait mettre son programme à éxecution lorsqu'elle le prit au dépourvu en tournant vers lui son regard et en le fixant. Il aurait pu jurer que son sourire était devenu légèrement moqueur. Il rit et lui demanda :

-Tu prends le soleil ?

Elle acquisça d'un hochement de tête, toujours souriante. Comme d'habitude elle se montrait économe dans ses mots, comme toujours avec lui. Il la comprenait, depuis le temps. Il nota que ses yeux s'étaient légèrement fermé l'espace d'un instant pendant qu'elle tendait son visage vers un des rayons malicieux. Il comprit le message, elle était bien, en paix. Il s'assit à côté d'elle, sur le sol de la terrasse. Elle prit la parole à son tour.

-C'est beau.

Il leva la tête et l'inspecta du regard. La voix de la jeuen fille était chargée d'émotions lorsqu'elle avait dit cela et il sentait que ses mots n'étaient qu'une infime partie de ce qu'elle ressentait et qu'elle rageait de ne pas pouvoir en dire plus. Et pour une fois il n'arrivait pas à comprendre ce qu'elle voulait dire précisement. Il fronça imperceptiblement les sourcils. Il n'aimait pas ne pas comprendre. Il posa la main sur le bras de son amie qui tourna à nouveau son regard vers lui. Elle lui sourit et haussa les épaules, répondant à sa question muette.

-Je ne sais pas. Je ne sais pas expliquer.

Ce fut à son tour de hausser les épaules. Expliquer était une tâche difficile mais tout le monde pouvait le faire à condition de le vouloir. Il révisa ses pensées sous le coup d'oeil furieux que lui lança la jeune fille. Il connaissait sa difficulté à s'exprimer, surtout quand cela touchait à des choses profondes, intimes. D'ailleurs, songea-t-il, était-il vraiment plus doué qu'elle. Lorsqu'il le faisait elle disait toujours qu'elle comprenait, mais le comprenait-elle vraiment ou ressentait-elle ce qu'il voulait dire bien plus qu'autre chose ? Il eut un léger sourire.

-Tu es une vraie catastrophe, Lliane.

Elle rit avant de lui faire une grimace amusée, bien loin d'être vexée. Tous deux avaient l'habitude de ces chamaileries amicales et chacun savait qu'aucun des deux n'étaient sérieux.

-Je te retourne le compliment.

Elle redevint sérieuse et il la vit chercher ses mots en silence. Elle semblait vouloir dire quelque chose qu'elle ne comprenait pas, qu'elle ne cernait pas et qui la remplissait d'étonnement. Et d'émerveillement à en croire la joie qui pétillait dans ses yeux. Il songea, avec un sourire qu'elle avait de la chance de ne pas être une bouteille de champagne sans quoi la joie l'aurait fait débordée. Il redevint sérieux en voyant les lèvres de son ami s'entrouvrirent, hésiter, se refermer, se rouvrirent et finalement lâcher.

-Je suis heureuse.

Il écarquilla un instant les yeux, stupéfait. Il pouvait compter sur les doigts de ses mains, sur les doigts d'une main même les occasion où elle lui avait dit cela. Et il n'avait jamais réussit à comprendre ce qui motivait ce bonheur. Chaque fois elle lui avait dit au moment où il s'y attendait le moins et il n'avait pas réagit, trop surpris pour dire quoique ce soit. Des souvenirs flottèrent jusqu'à son esprit. La dernière fois qu'elle le lui avait dit elle se tenait debout sur un rocher, en haut d'une falaise. Elle surplombait la mer qui s'étalait, ondoyant en volutes vertes et bleues qui faisaient scintiller doucement le soleil. Elle était restée longtemps muette, à regarder autour d'elle. Il se souvint que, lorsqu'il avait pu entrevoir son visage alors qu'elle était plongée dans sa contemplation, celui-ci était impassible comme si ses traits avaient été recouvert d'un masque. Mais lorsqu'elle s'était retournée pour lui dire cela, un sourire étonnant d'espoir s'était dessiné sur le coin de ses lèvres. Une fois de plus il n'avait rien pu dire et avait regardé à son tour la mer, sans comprendre. Cette fois il resta muet quelques secondes puis demanda avec douceur :

-Pourquoi ?


La jeune fille regarda son ami en silence. Elle médita sa réponse, tourna sept fois sa langue dans sa bouche mais ne trouva rien. Comment pouvait-elle expliquer ce qui n'a pas de mots ? Comment pouvait-elle décrire ce qu'elle ressentait avec des mots ? Elle savait qu'un mot pour elle n'avait pas le même sens que pour les autres. La différence était minime, peu la voyait, encore moins la comprenait. D'ailleurs elle n'était pas certaine qu'ils y en aient. Elle avait expliqué à Guillaume sa version de l'espoir, et s'il voyait la différence avec la définition il ne la comprenait pas. D'ailleurs, à bien y réfléchir l'espoir était une partie du bonheur. Elle soupira en silence, eut un léger sourire et prit de nouveau une grande inspiration qui l'emplit d'un bien-être étrange et familier. Elle pouvait presque s'imaginer le parcours de l'oxygène descend jusque dans les tréfonds de son corps, glissant jusqu'à ses pieds, rebondissant jusqu'à son cerveau. Elle pouvait se l'imaginer sous forme d'énergie. Elle ferma les yeux un court instant et eut soudain une ressemblance frappante avec un chat étendu au soleil qui ronronne les yeux mi-clos. Elle prit la parole.

-Une partie d'espoir. Espoir comme l'impression de se sortir d'un fleuve d'eau glacée. Espoir comme le pardon de soi-même, des autres, de ce qui nous entoure. Espoir comme quand ta mère te berce après un chagrin et que doucement tu te sens renaître. Espoir comme le matin lorsque tu ouvres les yeux dans un lit chaud et confortable et que pendant quelques secondes tu sens ta vie s'écouler en toi et que tu vois milles et une possibilités s'ouvrir pour toi, devant toi. Espoir comme un oiseau qui vole. Espoir comme une liberté. Tu espères que tout ira mieux. Tu espère sans savoir quoi.

Elle haussa doucement les épaules. Il était rare qu'elle parle autant et à voir le regard doucement interloqué que son ami posa sur lui elle comprit qu'il n'avait pas comprit. Un court instant elle se maudit intérieurement. Puis elle se mit à réflechir avec ardeur à l'explication qu'elle pourrait lui donner. Elle fut tirée de ses pensées par la voix de Guillaume.

-Je ne comprend pas.

La réflexion la fit rire. Le bruit qu'elle fit tinta dans le silence qui les entourait. Elle secoua la tête, amusée. Elle l'avait très bien compris, son regard avait parlé pour lui. De toute façon il n'avait pas compris la première fois où elle lui avait expliquer, pourquoi comprendrait-il maintenant ? Il y avait longtemps qu'elle avait cessé de croire aux miracles, surtout ceux de ce genre. Elle croisa son regard et bientôt il lui sourit, amusé à son tour. Il hocha la tête lorsqu'elle répondit doucement.

-Je le sais.

Elle se tut et à nouveau le silence s'installa, parfois traversé de chants d'oiseaux, de bourdonnements d'insectes ou du bruit du vent dans les arbres. De nouveau la jeune fille tendit son visage vers le soleil. Elle cherchait désespérément un moyen de faire comprendre à son ami ce qu'elle ressentait. Elle avait envie de partager cela avec lui. Pour une fois... Elle soupira doucement avant de jeter un coup d'oeil à côté d'elle. Guillaume regardait autour de lui, semblant chercher quelque chose. Elle voyait son regard se poser sur une forme mouvante, se détourner pour fixer elle ne savait quoi, de nouveau repartir pour se poser sur elle... Ses yeux étaient sans cesse en mouvement, semblant attendre quelque chose. Elle fronça les sourcils. Comment pouvait-il sentit la quiétude du moment s'il ne cessait pas d'attendre ? Elle fit claquer sa langue sur son palais, doucement. Il la regarda à nouveau. Cela l'agaça un peu. Ce fut cet agacement qui lui souffla des bribes d'idées. Elle sourit légèrement et descendit de son fauteuil. Guillaume la regarda avec des yeux étonnés et interrogateur. En guise de réponse elle se contenta d'un sourire. Elle s'assit en face de lui et, doucement commença ses explications.

Guillaume ouvrit de grands yeux lorsqu'il vit son amie venir s'installer à côté de lui. Il avait l'impression qu'elle venait de prendre une décision importante. Son sourire énigmatique le disait assez bien. Il sourit à son tour, connaissait le goût de son amie pour les petites cachoteries. Il allait secouer la tête et faire un petit commentaire gentillement malicieux lorsqu'elle le prit de court. Elle lui posa doucement une main sur les yeux et les ferma. Il sursauta intrigué. Toutefois il ne les rouvrit pas, il savait que Lilliane n'avait pas agit ainsi sans raison. Il sentit la main de son amie se retirer lorsqu'elle sentit que son message avait été compris. Aussitôt, par réflexe il tendit tous ses autres sens à capter la moindre information. Le bruit d'une branche grinçant dans le vent le fit sursauter autant que la douce odeur de fleurs qui vint chatouiller ses narines. Il attendait. Il attendait que son amie se décide à lui expliquer le but se cette expérience. Elle ne bougeait pas, ne parlait pas. Il fronça les sourcils, agacé. Que voulait-elle qu'il comprenne si elle ne lui expliquait rien et se contentait de lui fermer les yeux, le coupant de ce qui l'entourait. Elle ne réagit toujours pas. Alors, en désespoir de cause il soupira profondément. Petit à petit il cessait de s'intéresser à ce qui l'entourait. Il se laissait bercer par ce qui l'entourait, par la douceur du temps, par la chaleur du printemps... Il cessa de se préoccuper de lui-même et de ce qui l'entourait. Il faisait parti d'un tout. Et il se sentait bien. Il prit brutalement conscience de sa quiétude et ouvrit les yeux, comprenant brutalement ce que son amie avait voulu dire. Son regard tomba sur son sourire. Il respira profondément, s'emplissant d'air et de vie. Comme elle quelques instant plutôt il put s'imaginer le parcours de l'oxygène et sentit l'énergie qui parcourait son corps. Il rouvrit de nouveau les yeux et regarda autour de lui. Il n'avait plus sous les yeux un paysage mais un monde entier. Son monde. Il regarda de nouveau Lliane qui lui sourit à nouveau. Elle prit doucement sa main et la lui posa sur la poitrine. Et il sentit palpiter sous ses doigts des vibrations. Et brutalement un son grave et doux l'envahit. Douceur et paix.
Le bruit de son coeur.


Fin

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MessageSujet: Re: Le bruit du coeur   Lun 30 Avr - 10:08

Merci.

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MessageSujet: Re: Le bruit du coeur   Lun 30 Avr - 17:52

pourquoi ?

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MessageSujet: Re: Le bruit du coeur   Lun 30 Avr - 17:59

pour tout plein de choses, que j'avais essayé de condenser dans ce mot.

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MessageSujet: Re: Le bruit du coeur   Lun 30 Avr - 18:05

tu m'expliqueras ?

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MessageSujet: Re: Le bruit du coeur   Lun 30 Avr - 18:08

Pour moi, la réponse est dans ton texte. Mais je voudrais bien t'expliquer si tu ne trouve toujours pas, d'accord.

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